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Le parc national de Cutervo depuis le poste de contrôle de la Capilla

Ça y est, nous y voilà. Une heure et quart de minibus pour parcourir 30Km entre Cutervo et Santo Domingo de la Capilla sur les routes sinueuses de montagne, agrippées aux pentes raides. Le poste de contrôle est localisé dans une maison partagée avec la propriétaire et d’autres locataires. L’ambiance y est des plus conviviale et le confort des plus simple, mais la vue nous fait oublier les frissons de la douche froide et la dureté du matelas en paille. Nous sommes plongés dans la nature qui déborde de partout : les sauterelles passent sur nos assiettes pendant le repas, un papillon de 20cm se pose face aux WC et nous observe sans gêne, des insectes se cachent dans la serviette de toilette au sortir de la douche… quel accueil !

Bottes aux pieds, poncho dans le sac, nous nous enfonçons dans les chemins boueux gorgés d’eau qui stagne entre deux pluies. Il nous arrive de rester même coincés et de devoir tirer la botte avec les mains pour se décoller de cette pâte. Les petits chemins s’enfoncent entre les champs de canne à sucre, café, maïs travaillés avec l’aide des bêtes ou à main d’homme. Pour l’instant, nous n’avons vu aucun appareil mécanisé ici, sans doute à cause des pentes trop abruptes.

Le parc débute après 2 heures de montée et nous donne l’impression d’entrer dans un jardin botanique. Tout y est spectaculaire : les fougères ressemblent à des palmiers de 10m de haut dont une seule feuille nous cache tout entier, les fleurs sont de couleurs et de formes impressionnantes, la densité de la végétation nous oblige parfois à ramper, les oiseaux et les insectes semblent peints avec délicatesse, les nuages jouent à cache cache et découvrent petit à petit des portions de montagnes qui nous entourent. Les mousses pendent des arbres comme des colliers, les toiles d’araignées sont parsemées de perles d’eau, un clignotement passe dans le ciel… c’est un papillon bicolore, jaune au dessus et mauve en dessous. Les orchidées sont insolites, leurs fleurs transpercent leurs feuilles, d’autres alignent des dizaines de fleurs symétriques. L’eau goutte en continu du haut de cette végétation où les champignons se développent sur tout support. Certains chants d’oiseaux ressemblent à une énorme goutte d’eau qui tombe, et parfois, des broméliacés cassent des branches sous leur poids chargé d’eau.

Le Pérou bénéficie d’une biodiversité que peu d’autres pays n’ont pas encore détruite, connue pour être l’une des plus riches au monde. En effet, sur 117 zones naturelles qui existent dans le monde, 84 se trouvent au Pérou. On recense ainsi 25 000 espèces de plantes, 1 800 oiseaux, 515 mammifères, 418 reptiles et 332 amphibiens. Plus de 20%, soit 1181 espèces animales et entre 40 000 et 50 000 espèces végétales sont endémiques au Pérou. Et ces dix dernières années, plus de 1 200 nouvelles espèces de plantes ou d’animaux ont été découverts en Amazonie.
Le Pérou abrite la forêt amazonienne sur plus de 60 % de sa surface, forêt qui représente le plus grand réservoir de biodiversité du monde, écosystème excessivement riche et complexe.
Un spectacle inégalable.



 

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