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Le travail de l’équipe du parc national de Cutervo

21% du territoire péruvien est classé en zone protégée, mais faute de moyens, certaines zones ne sont pas gardées, à la merci de n’importe quelle exploitation : mines, pétrole, exploitation du bois. 21 espèces sont dénombrés en danger critique d’extinction. Conservation (du vivant) ou expansion (des affaires), il faut choisir…

En réponse, le ministère de l’environnement déploie le SERNANP (servicio nacional de areas naturales protegidas por el estado) sur le terrain, et pour exemple, l’équipe du parc national de Cutervo.
Ce parc a été créé en 1961 sur 2500ha et a été agrandi à 8214ha en 2006. La partie administrative se compose d’une chef, une ingénieur agronome et une secrétaire. Sur le terrain, 9 gardiens travaillent en binôme et tournent annuellement entre les 5 postes de contrôle pour assurer la protection de la zone. S’ajoutent aux équipes, des volontaires péruviens ou gringos (étrangers), des étudiants d’université et des chercheurs.

Les activités des gardiens sont physiques, et peuvent s’avérer dangereuses pour des raisons de conflit avec les exploitants illégaux. L’attitude prise est d’éviter le conflit car les personnes peuvent être armées (fusil autorisé avec port d’arme, machette, tronçonneuse) et des accidents sont déjà arrivés.
Si l’exploitation est à titre personnel, coupant par exemple un arbre malade tombé, une permission écrite doit être demandée avant d’extraire le bois du parc. Dans le cas contraire, une charte d’engagement est signée, stipulant que un tel est informé des activités illégales dans le parc et s’engage à les respecter.
Si l’exploitation est à but lucratif, un procès est lancé mais dure en moyenne 2 à 3 ans, durant lesquels l’exploitation continue. Le cas n’est alors plus de la compétence de l’équipe qui se dédie à surveiller et informer.

L’éventail des activités du gardien est large :

– Contrôle, surveillance et patrouille
Depuis que les gardiens circulent dans le parc, l’exploitation du bois a fortement baissé. Néanmoins, durant des absences prolongées, pendant les vacances de Noël par exemple, les coupes illégales reprennent vite.
Nous avons entendu une tronçonneuse en nous promenant et avons trouvé 2 hommes en train de couper un arbre malade pour leur maison. Le gardien leur a demandé de se présenter au poste pour signer une charte d’engagement d’arrêt, mais les hommes ne se sont pas présentés.

– Patrouille spéciale
Déplacement en nombre avec les autorités locales, la police et certains paysans volontaires pour détruire la valeur économique d’exploitations illégales. Par exemple, le bois est tranché avec des haches ou confisqué si possible de le transporter.

– Marquage des limites du parc

– Surveillance des propriétés privées situées dans le parc
Le parc s’est agrandi en 2006 en incluant des terrains de pâturages privés. Ces terrains sont devenus soumis à des compromis entre le règlement du parc et l’exploitation du propriétaire. Il est interdit de couper des arbres existants, mais autorisé de ne pas laisser de nouveaux arbres pousser pour garder l’espace de pâturage libre.
Ceci génère souvent des conflits car très subjectif, d’autant plus que les limites du parc ne sont pas visibles.

– Education et sensibilisation environnementale en centres éducatifs, institutions…

– Surveillance de l’évolution de la faune et flore dans le parc
Certaines arbres sont par exemple marqués pour assurer un suivi mensuel de leur état (floraison, fructification, …).
Certains paysans se plaignent que les pumas mangent leurs bétail et veulent les tuer, alors que l’espèce est protégée

– Encadrement des volontaires



 

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